Tsubasa
pop/folk - Kanazawa, Japon

Quels furent vos débuts dans le monde de la musique ?
Tsubasa : J'avais 10 ans quand mon père m'a donné ma première guitare et c’est ainsi que j’ai commencé à jouer.

Comment décririez-vous votre univers et que souhaitez-vous transmettre à votre public ?
Tsubasa : J'ai l'habitude de composer en essayant de m’inspirer de moi-même et des éléments qui m’entourent, des couleurs, des odeurs. De tout ce qui compose ma vie. Je cherche donc à ce que les gens puissent ressentir la même chose que moi en écoutant ma musique.

Vous venez de Kanazawa, dans la région du Chubu. Y-a-t-il une spécificité musicale à cette région et quels y sont vos artistes favoris ?
Tsubasa : Kanazawa fait plus spécifiquement partie de la région de Hokuriku, et mon artiste préférée en est probablement Maki Asakawa, originaire d'Ishikawa, malheureusement décédée l’année dernière.

Pouvez-vous nous parler un peu plus de Kanazawa ?
Tsubasa : C’est la plus grande ville de la région de Hokuriku donc, qui a une population de 450 000 habitants. Le château de Kanazawa fut dirigé par la famille Maeda durant trois siècles, après que le premier seigneur Toshiee Maeda en ait pris possession en 1583. Beaucoup de bâtiments historiques sont toujours là. Kanazawa se compose de deux endroits, Noto au nord et Kaga au sud, où sont présentes un grand nombre de sources d’eau chaude. La culture traditionnelle y est également très marquée. Nous y avons par exemple le Kaga-bocha, producteur réputé et ancien de thé, ou le Kaga-yuzen, qui est une manière particulière de peindre sur kimono. A Noto nous pouvons trouver le Wajima-nuri, technique de laque ancestrale.

Comment voyez-vous l'évolution de Kanazawa ?
Tsubasa : Jusqu'à présent nous n'avions pas de train express reliant Tokyo à Kanazawa mais une ligne est en train d’être construite, qui sera probablement terminée dans trois ans. Je pense donc que plus de personnes originaires d’autres régions commenceront à mettre Kanazawa sur leur route touristique, ce qui favorisera l’évolution de la ville. D'un autre côté, je l’aime comme elle est actuellement. Je pense que notre gouvernement se doit d’imposer un contrôle sur le progrès excessif et sauvegarder les traditions. Le Japon est en train de changer. Avec les facilités d’accès à l’information, nous n’avons plus besoin de partir vers Tokyo pour obtenir un privilège particulier. C'est ce qui s'est passé pour ma carrière. Je fais tout directement de Kanazawa. Je joue parfois à Tokyo mais je n'ai pas besoin d’y vivre pour avoir du succès avec ma musique. 


Vous avez sorti votre premier album en 2009. Comment y avez-vous travaillé et que représente-t-il pour vous ?
Tsubasa : Ce fut mon premier disque avant de partir en tournée dans tout le pays et d’avoir l'opportunité de jouer en Corée et au Brésil. Cela m’a ensuite poussé à enregistrer un album de reprises de hits J-pop pour Pony Canyon, et à enregistrer un DVD live le 1er juillet 2010. Je peux dire que je suis en train de rencontrer des personnes sensationnelles et que je vis des expériences que je n'aurais pu avoir avant ce premier album. J’en suis vraiment très heureuse.

Vous mentionnez ces différents concerts donnés en dehors du Japon. Quel type de souvenir en gardez-vous et comment le public a-t-il réagi vis-à-vis de votre musique ?
Tsubasa : Je suis vraiment très contente d'avoir eu l'opportunité de montrer à des étrangers la culture de mon pays. Et puis également d’avoir pu visiter ces pays, de ressentir l'énergie du public ! Les Coréens et les Brésiliens sont particulièrement chauds. Je ne parle ni coréen ni portugais mais j'ai reçu tout de même des messages de la part de fans. Ce fut quelque chose de formidable.

Comment en êtes-vous venue à travailler avec le producteur Robert Regonati, et quels conseils a-t-il pu vous donner ?
Tsubasa : Il m'a montré la valeur de chaque possibilité, celle d'un dur travail, d'une meilleure utilisation de mon temps. Il m'a finalement montré comment être une artiste. Il m'a enseigné quelques trucs pour jouer à la guitare et pour mieux chanter, il a également pris soin de moi. Il prend toujours soin de chaque chose.



Vous avez signé avec le label DNA. Pouvez nous en dire plus sur celui-ci ?
Tsubasa : DNA est un nouveau label indépendant japonais. De bons artistes et des amateurs de bonne musique travaillent dur à son développement. Je pense qu’il aura un très bel avenir. C'est un environnement parfait pour qui veut devenir musicien.

Vous avez enregistré votre premier DVD live pendant votre concert au Bunka Hall comme vous l’avez dit précédemment. Quel genre d'ambiance y avez-vous ressentie et comment vous étiez-vous préparée à l’événement ?
Tsubasa : Nous avons chaque jour travaillé très dur sur une période de six mois, jusqu'à la date du concert. Ça a été éreintant mais nous avons eu la chance d’avoir été soutenus par un grand nombre d’amis venus de Hokuriku. Ce fut une aide très appréciable. Je pense que nous avons pu donner un bon show au public.

On dit que la musique ne connaît aucune frontière et cela prend tout son sens à l'écoute de vos chansons qui traversent les barrières de la langue. Quelle est la clef pour arriver à un tel résultat et que souhaitez-vous communiquer ?
Tsubasa : Je pense que la musique possède un pouvoir merveilleux. De son appropriation par la simple écoute, des histoires peuvent être imaginées. Je suis simplement heureuse si ceux qui ne comprennent pas le japonais peuvent voir des scènes exotiques grâce à mes morceaux.

Vous allez participer en mai au Anime BH au Brésil. Qu’en attendez-vous ?
Tsubasa : C'est la première fois que je participe à un événement lié au monde de l'anime et je suis très contente d'y être invitée. Cette fois je vais interpréter des génériques sur scène et j'espère que les fans d'anime brésiliens partageront leur contentement en chantant avec moi. Mais je ne me fais aucun souci, les Brésiliens savent rendre mes shows encore meilleurs.

Que peut-on donc vous souhaiter pour l'Anime BH ?
Tsubasa : J’espère juste y découvrir de nouvelles choses et faire des rencontres. A chaque fois que je joue au Brésil, je me sens bien. Cette fois nous avons le soutien d'une marque japonaise de vêtements lolita, Milky Ange, et je vais porter leurs robes sur scène. Ce sera la première fois que je porte de tels vêtements. On peut dire que c’est excitant.

Le Brésil est un pays avec une forte identité musicale (samba, bossa nova...). Quel est votre regard à son encontre, et y-a-t-il des artistes locaux que vous aimez particulièrement ?
Tsubasa : Le Brésil est un pays récent, qui n’a que 511 ans, mais qui peut se targuer d’avoir une histoire musicale hors-norme et merveilleuse, avec aujourd’hui de nombreux festivals qui réunissent toujours un grand nombre d’individus. Je sens qu'au Brésil tout le monde entretient un rapport privilégié à la musique et cela se traduit par une scène particulièrement active. On peut le remarquer lorsqu'il y a des festivals à ciel ouvert à partir de 22 heures, et que personne ne s’en plaint. Chacun apprécie la musique, des enfants aux personnes âgées. C'est ce qui fait que les Brésiliens sont des auditeurs précieux. Au niveau des artistes j'aime particulièrement Tom Jobim, Djavan. Mais beaucoup d’autres aussi.

Quels sont vos futurs projets et avez-vous un dernier message à adresser au public français ?
Tsubasa : Je souhaite faire de la musique pour le plus grand nombre de personnes possible. De Hokuriku au monde entier. J'aime les films français mais aussi les peintres de l'école de Paris, comme Amedeo Modigliani, Maurice Utrillo, Marie Laurencin, Marc Chagall, Moïse Kisling, Henri Rousseau, Léonard Foujita... Je suis déjà venue visiter la France et j'ai vraiment tout aimé. Beaucoup de Français ont une sensibilité particulière. Je pense que la France a beaucoup de points communs avec le Japon. Je souhaite vraiment avoir l'opportunité de jouer en France et, si c’est possible, faire une collaboration avec un artiste français !


Compilation d’interviews réalisées par Kochipan en septembre 2010 et mai 2011. Nous remercions Kochipan pour leur utilisation.

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