Puffyshoes
pop punk garage/bricolage - Chiba, Japon

Pouvez-vous présenter Puffyshoes et ses membres ?
Neko : Usagi est à la guitare, Neko à la batterie.

Comment avez-vous choisi le nom de Puffyshoes ? Y a-t-il une signification particulière ?
Usagi : Puffyshoes veut dire chaussures confortables. Au moment de notre formation nous avancions sans trop savoir où aller, doucement. On a pensé alors que Puffyshoes était un nom qui nous irait bien. Et puis ça sonne pas mal.

Dans quelles conditions avez-vous commencé à faire de la musique ? Aviez-vous dès le début une idée précise de ce que vous aimeriez faire ?
Neko : Au début nous pensions faire de la musique en nous consacrant aux claviers ou à la programmation. Lorsque nous avons eu l'opportunité de faire du live, nous nous sommes finalement dit qu'il serait préférable que nous jouions de la guitare et de la batterie, pour que ce soit plus vivant. Il était aussi question que ce soit moi qui compose, et qu'Usagi s'occupe des arrangements. Puis on s'est rapidement demandé pourquoi chercher à nous donner à chacune un rôle bien défini ? En fin de compte, on s'est mis à composer toutes les deux.

À l'écoute de vos morceaux, nous pouvons penser à des formations américaines telles que Vivian Girls, The Girls at Dawn, CocoRosie. Que représentent ces groupes pour vous ?
Neko : J'aime beaucoup Vivian Girls et The Girls at Dawn. Par contre je ne pense pas que l'on soit influencé par CocoRosie. Depuis longtemps je m'intéresse plutôt à la musique des années 70, comme le punk, ou à la soul des années 60, aux formations féminines afro-américaines. Par exemple The Ronettes. J'aime aussi The Shangri-Las.
Usagi : Pareil pour moi, j'apprécie énormément Vivian Girls et The Girls at Dawn. Ces filles donnent l'impression de vraiment faire ce qu'elles veulent, avec énergie et sans complexe. Je pense que ce genre de groupe tire sa vitalité justement du fait qu'il soit composé exclusivement de membres féminins. C'est quelque chose que j'aime beaucoup.

De quelle manière composez-vous et écrivez-vous vos paroles ?
Usagi : C'est Neko qui s'occupe des paroles.
Neko : Quand nous composons un nouveau morceau je me demande toujours ce qu'on va bien pouvoir chanter là-dessus. Puis il y a une image ou un thème qui vient. Si c'est une crème glacée je vais écrire à propos d'une crème glacée. Si c'est un fantôme je vais écrire quelque chose à propos d'un fantôme. Il n'y a absolument pas de message particulier.
Usagi : En ce qui concerne la composition, il nous arrive de travailler chacune de notre côté, ou bien de se retrouver en studio et de réfléchir ensemble. Quelquefois nous improvisons aussi complètement.

Y a-t-il des lieux ou des images qui vous inspirent ?
Usagi : J'aime me retrouver avec des amis, quel que soit l'endroit. Concernant les images, j'aime les travaux de Paul Grimault, Henry Derger, Michel Gondry, des choses comme ça.

Pouvez-vous nous parler de vos deux albums, Miracle Puffy Shoes are Coming et Something Gold, et des conditions dans lesquelles vous les avez enregistrés ?
Usagi : On les a enregistrés dans les mêmes conditions dans un studio de répétition, au micro. La musique et le chant ont été enregistrés séparément. Nous avons ensuite mixé les deux pistes.
Neko : Au début nous n'avions pas l'intention de faire d'album, puis il a été question de faire un live avec Afrirampo en septembre.
Usagi : Et nous avons pensé qu'il aurait été bien d'avoir quelque chose à vendre pour l'occasion. Nous avons alors enregistré Miracle Puffy Shoes are Coming, à partir de quelques morceaux que nous avions déjà composés à l'époque. On a fait cet album sans même savoir quel allait être le son de Puffyshoes.
Neko : Le son, la programmation, le mixage, rien n'est bien équilibré mais c'est ça qu'on a trouvé intéressant.
Usagi : On s'est rapidement remis à composer après avoir sorti ce premier disque. Puis un jour où on se sentait particulièrement à l'aise en studio, on a décidé d'enregistrer ces nouveaux titres. C'est comme ça qu'est né Something Gold. Je pense que c'est un bon album.

Seulement quelques mois se sont écoulés entre l'enregistrement de ces deux disques. Vous bouillonnez toujours autant d'idées ?
Neko : (rires) Quand l'une d'entre nous a une nouvelle idée, on file juste en studio pour voir ce que ça donne. Aussi, comme nos chansons sont assez courtes, on s'aperçoit vite qu'en terme de durée on a jamais de quoi remplir convenablement un album, alors nous essayons de composer deux ou trois titres supplémentaires dans la foulée.
Usagi : On ne se donne pas d'ultimatum particulier pour avoir de nouveaux morceaux. C'est quelque chose qui vient naturellement, pendant les répétitions de nos concerts. Finalement, on peut dire que nous composons assez vite oui (rires). Mais la vitesse à laquelle viennent nos idées peut varier. On ne s'inquiète pas trop quand l'inspiration tarde à arriver. Elle finit toujours par être là. Il y a toujours plein d'idées qui accourent au bout du compte (rires).

Peu de temps après la formation du groupe vous étiez déjà distribuées à l'étranger. Était-ce ce que vous visiez depuis le début ?
Usagi : Quand j'ai rencontré Neko et qu'on a décidé de monter un groupe tel que Puffyshoes, nous nous sommes dit que ça pourrait être quelque chose qui marcherait à l'étranger.
Neko : On écoute surtout de la musique occidentale, dont nous nous inspirons beaucoup. Nos morceaux ne sonnent pas très japonais. Il est difficile dans ces conditions d'intéresser le public japonais.
Usagi : De toute façon nous n'avons jamais voulu viser le Japon. Enfin, c'est plutôt moi qui n'ai pas voulu m'y intéresser.
Neko : Parfaitement.
Usagi : Parfaitement. Je voulais vendre à l'étranger.

Vos concerts ressemblent un peu à une cour de récréation. Comment le public réagit-il lorsqu'il vous découvre ?
Usagi : Plus que notre capacité à entraîner le public dans nos jeux, c'est plutôt la manière dont Neko et moi interagissons qui plaît. C'est en tout cas ce que l'on nous dit souvent.

Étiez-vous impressionnées par le fait de monter sur scène la première fois ? Avez-vous des anecdotes particulières à nous raconter ?
Neko : La première fois que nous avons fait un concert nous étions particulièrement stressées. Ça ne faisait que deux semaines qu'on avait commencé à apprendre à jouer de nos instruments. On a essayé d'amuser le public mais en ce qui nous concerne, nous étions trop stressées pour pouvoir apprécier (rires).
Usagi : Dans tous les cas je préfère quand même quand nous jouons en studio.
Neko : Oui, on peut jouer après avoir bien bu (rires).
Usagi : Ça en devient n'importe quoi. La batterie s'effondre de tous les côtés. Elle doit avoir pitié de nous (rires).
Neko : Concernant les anecdotes, les concerts actuels ne sont plus aussi amusants que ceux d'avant.
Usagi : Oui, il n'y a plus de trop grosses erreurs par rapport à avant. Je me souviens par exemple d'une fois où Neko jouait de la batterie et a fait tomber l'une de ses baguettes. Elle a arrêté de jouer et l'a ramassée comme si de rien n'était (rires). On nous a fait remarquer que pour certains groupes, ce genre de choses était impardonnable. Mais nous sommes seulement toutes les deux, et nous ne nous soucions pas de ces désagréments. C'est aussi ça qu'aime le public, et c'est ce qu'il entend par "c'est la manière dont nous interagissons qui plaît".
Neko : Aussi, les premières fois qu'on jouait en live on ne savait tellement pas quoi faire qu'on lançait des peluches (rires).
Usagi : On ne faisait que des choses bizarres (rires).

Comment avez-vous eu l'opportunité de faire un concert la première fois ?
Usagi : C'était un concert dans notre studio d'enregistrement, proposé par l'un de nos amis, qui a insisté pour que l'on essaie. C'est arrivé moins de trois mois après que l'on ait formé le groupe, alors que ni Neko ni moi n'avions fait de scène avant.
Neko : C'est à ce moment-là, peu de temps avant le live, qu'on s'est dit que l'on devrait commencer à apprendre à jouer de la guitare et de la batterie.
Usagi : Puis on a finalement continué comme ça depuis : Neko à la batterie et moi à la guitare.

Il est prévu que vous veniez jouer en Europe au printemps 2010. Ce sera la première fois que vous voyagez à l'étranger ? Savez-vous déjà ce que vous allez amener dans votre valise ?
Neko : Ce sera la première fois que nous voyagerons avec Puffyshoes. Ce que nous amènerons là-bas ? Une guitare et mes baguettes.
Usagi : Et des vêtements de rechange !

Vous avez déjà partagé l'affiche avec quelques groupes, dont Afrirampo. Y a-t-il d'autres artistes avec qui vous aimeriez particulièrement jouer ?
Usagi : Avec Vivian Girls ! Ensuite ?
Neko : Ça doit être tout (rires). En fait je veux juste jouer avec des groupes qui s'amusent, qui ne se prennent pas la tête.

Comment voyez-vous Puffyshoes dans dix ans ?
Neko : On sera probablement mères de famille dans dix ans (rires).
Usagi : Puffyshoes n'existera sûrement plus d'ici là. En fait nous ne pensons pas à ça (rires). Mais nous ne sommes pas le genre de groupe qui continuera à faire des disques sur une longue période.
Neko : On va jouer tant qu'on en a envie, puis juste arrêter quand on n'aura plus rien à donner.
Usagi : Quand on en aura marre. Ou peut-être qu'on aura des idées pour encore dix années supplémentaires. Mais on s'arrêtera sûrement pile après ça (rires).

Avez-vous quelques derniers mots à adresser aux personnes qui achèteront votre album en France ?
Neko : J'espère que ceux qui en ont assez d'écouter la musique mainstream actuelle prêteront une oreille à notre CD.
Usagi : Je serais heureuse que les gens soient assez curieux pour le faire (rires).

Décembre 2009

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