Bhayanak Maut
death metal/hardcore/metalcore - Mumbai, Inde

Vinit et Vinay, respectivement bassiste et hurleur de Bhayanak Maut, répondent à nos questions.

Tout d'abord, pouvez-vous présenter le groupe et ses différents membres à nos lecteurs ? Comment nous pauvres Français devrions prononcer "Bhayanak Maut" ?
Vinit : Je suis Vinit, le bassiste. Les autres sont Vinay et Sunny au chant, Aditya et Venky à la guitare, Jai à la batterie. Jai remplace actuellement Rahul Hariharan. Je pense que "Bhayanak Maut" peut librement être traduit par "Merveilleuse Mort". Je plaisante. Dîtes-le comme il vous plaira. Achetez juste l'album.
Vinay : Vinit a fait les présentations de manière prodigieuse. Merci Vinit. Il faudra que je pense à t'offrir une bière. En attendant, tu as tous mes compliments. Je voudrais quand même vous présenter les membres du groupe à mon tour : Bite, Lund (la même chose, en hindi), Penis, Tchou-tchou, Pipi et Pissou.

"Bhayanak Maut" veut dire "Horrible Mort" en hindi. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ? J'ai lu que ce nom avait été inspiré d'un des films des frères Ramsay. Mais comme je n'en ai vu aucun, je ne comprends pas la référence.
Vinit : Un film d'horreur de série B ! C'est-à-peu-près ce que ma vie a été.
Vinay : Ne devriez-vous pas poser cette question après avoir vu un film des frères Ramsay ? Allons allons, ne soyez pas fainéant. Allez voir Bhayanak Maut des frères Ramsay. J'espère pouvoir vous trouver le poster du film ; vous allez adorer. Si vous ne parvenez pas à vous procurer le film, pas de panique, regardez Gunda à la place. Essayez de le voir sans sous-titres. Nous l'avons fait.

Retournons à la musique. Comment décririez-vous votre son ?
Vinit : Juste pour rendre ma réponse intéressante, je vais vous laisser trouver la bonne proposition parmi les termes suivants, que j'utiliserai pour parler de notre musique : lourde, dans-ta-gueule, touffue, énergique.
Vinay : Délicieux, comme du bon gros beurre de cacahuète.

Quels sont les groupes et les artistes qui vous ont influencé et vous ont donné l'envie de faire péter les murs à coups d'ondes de choc ?
Vinit : Ondes de choc ! C'est ce que j'aurai dû utiliser pour décrire notre musique. Foutre. En ce qui me concerne, je dirai que des groupes comme Lamb of God, Killswitch Engage, Unearth ou Mastodon m'ont influencé. Mais j'écoute également beaucoup d'autres choses en dehors du metal.
Vinay : Mithun Chakraborty est Dieu. Mimoh Chakraborty est une erreur.

Il n'est pas courant dans le metal d'avoir deux vocalistes. D'où vient ce choix ?
Vinit : Ça a commencé comme une expérimentation. Ça s'est terminé comme un enchantement.
Vinay : On n'a pas pu trouver trois chanteurs. Alors nous sommes restés deux. Au fait, on nous appelle "les jumeaux gutturaux" quand nous lançons notre offensive vocale.

Que pouvez-vous nous dire à propos de l'album sorti en août dernier ?
Vinit : Cet album, c'est nous. C'est ce vers quoi nous avons cherché à tendre depuis longtemps, et j'en suis absolument satisfait. Depuis la musique jusqu'à son design graphique. Il paraît que si vous en achetez dix copies, un génie apparaît et réalise vingt voeux. C'est vrai. Pas trois voeux, mais vingt.
Vinay : Il s'est retrouvé naturellement dans les bacs. Nous n'avons rien signé.

L'album a reçu une note de quatre étoiles dans le Rolling Stone Magazine de septembre. Comment vous êtes-vous senti devant tant de gratitude ?
Vinit : Ouais ! Ça a été fantastique. Mais je préfère encore quand des personnes que je ne connais pas arrivent et me disent à quel point elles ont apprécié l'album. Pour moi, ça vaut cinq étoiles.
Vinay : J'ai ressenti le même genre de bonheur que lorsque vous sortez un album noté quatre étoiles dans le Rolling Stone Magazine.

Et que pouvez-vous nous dire à propos de vos précédents enregistrements, Hell is all People et Malignant ?
Vinit : Je n'ai pas participé à la conception de Hell is all People, mais je l'aime beaucoup. Nous étions en train d'achever l'enregistrement de Malignant lorsque nous avons compris ce dont nous avions besoin et comment y arriver pour produire un album metal vraiment vraiment bon.
Vinay : Je ne me rappelle pas de ces albums. Ce sont des souvenirs effrayants.

J'ai découvert Bhayanak Maut avec Malignant en 2006. Votre son était assez violent et agressif, et j'étais comme "Ouah, les Indiens peuvent aussi le faire ! Pourquoi ne viennent-ils pas en Europe ?". Comme il y a beaucoup de festivals metal sur tout le continent, avez-vous l'intention de venir par ici un de ces jours ?
Vinay : Voyez ce qui suit avec attention : 1 euro = 65 roupies indiennes. Vous vivez sur un continent onéreux mes amis. Alors que nous vivons dans un pays pauvre. Mais nous sommes déjà bien heureux de jouer pour nos pauvres gars. C'est vous les Européens qui devriez venir nous écouter en Inde. Ça devrait entrer dans le budget d'"une année sabbatique prise pour faire le tour du monde". Vraiment.

Comment est votre audience ? N'y a-t-il que des habitués ou jouez-vous devant un public de plus en plus large ?
Vinit : Notre public est fantastique. Nous avons joué devant des audiences constituées de trois jusqu'à cinq mille personnes, alors nous ne nous en plaignons pas. Une grande part de notre énergie sur scène nous vient directement du public présent. Ce sont des gens super.
Vinay : Notre public est bien soigné et bien habillé. Ils savent ce qu'est la mode, ils ont les dents propres et n'ont pas de poux. Tout cela fait de nos concerts d'agréables expériences.

La violence et la misanthropie sont des sujets récurrents au sein de vos paroles. Est-ce quelque chose de personnel et qui pourrait concerner la culture indienne, ou cela vient-il plutôt des thèmes de haine habituels et inhérents au metal ?
Vinit : Je vais plutôt laisser Vinay répondre à celle-là.
Vinay : J'écris les paroles, qui font la part belle aux filles, aux fleurs, aux sous-vêtements et aux fluides corporels. Si vous voyez quelque chose d'autre dans mes paroles, je vous conseille d'aller voir un psy.

Le développement du metal s'est accru ces dernières années en Inde, de nombreux groupes faisant leur apparition à travers tout le sous-continent. Quelle est votre opinion à propos de cet engouement ?
Vinit : C'est un engouement ? J'aimerais vraiment qu'il se développe encore plus alors. Au moins pour que les musiciens puissent en vivre. J'espère que ça deviendra plus qu'un simple "engouement".
Vinay : Le metal se développe depuis que les ingénieurs du son ont découvert le bouton de volume sur leurs consoles, en concert. Si c'est vraiment une mode, j'espère qu'elle prendra fin dans quelques années.

Quels sont les groupes que vous recommanderiez à des personnes qui ne sont pas familières avec le metal indien ?
Vinit : Je recommanderai Scribe, non pas pour vous faire écouter ce que l'Inde a de meilleur à offrir en metal, mais simplement pour vous faire écouter de la grande musique.

Pour finir, l'Inde est principalement connue en Europe pour Bollywood, ses danses et ses épices. Que pensez-vous de ces stéréotypes ? Qu'aimeriez-vous faire connaître à propos de l'Inde ?
Vinit : La situation changera lorsque l'Inde sera mieux couverte par les médias. Ça prendra du temps. Mais en attendant, nous continuerons de faire ce que nous faisons.
Vinay : L'Inde sent très bon. Nos toilettes sont propres et le gouvernement autorise le commerce du cannabis. Nous sommes polis avec les Occidentaux et nous adorerions faire des bâtards avec vos femmes. Venez en Inde. Venez voir Bhayanak Maut.

Vous avez un dernier message pour les personnes qui achèteront votre CD ?
Vinit : Je vous aime.
Vinay : Merdeux !

Janvier 2010

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